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Une adhérente de HANDIMAT en Amérique du Sud ou: quand on a envie le Handicap n’est pas toujours un facteur limitant

By 1 juin 2017 No Comments

Il y a bientôt un an, je partais pour le Pérou. Après deux mois de stage dans une ONG à Sechura sur la côte au Nord, à 150 km de la frontière avec l’Equateur, j’ai voyagé dans le sud du pays.
J’ai pris un avion pour Cusco, ancienne capitale de l’empire Incas, où j’ai passé quelques jours avant de partir pour le Machu Picchu. Il fallait réserver un bus pour l’aller et le retour. A 8h du matin j’attendais le minibus devant la cathédrale sur la plaza de armas (place principale de chaque ville), comme des dizaines d’autres voyageurs.

Le but du jeu est donc de trouver le responsable du bon bus, et il faut tendre l’oreille car il faut se reconnaitre (malgré l’accent) quand on est appelé, et il a de nombreuses compagnies privées différentes qui proposent le même service. Lorsque le minibus est complet, nous partons pour Hydroelectrica.
J’avais décidé de m’arrêter à Santa Teresa, à quelques heures avant le terminus, pour visiter et y passer la nuit. Le lendemain, le seul transport qui pouvait m’emmener à Hydroelectrica le matin était un minibus qui partait vers 5h donc je me suis levée tôt pour ne pas le rater. A l’arrivée j’ai découvert qu’Hydroelectrica n’était qu’un grand parking avec des minibus, des voitures et une station de train. De là, il y avait 2 solutions : prendre le train jusqu’à Aguas Calientes (dernière ville avant le Machu Picchu) ou y aller à pied en longeant les rails. J’avais choisi la seconde option car le train coûte très cher alors que le trajet se fait en seulement 2h30 à pied, à travers une forêt magnifique. Comme j’étais arrivée assez tôt le matin, il n’y avait presque personne sur le chemin et j’ai eu le paysage pour moi tout seule,

A la mi-journée je découvre Aguas Calientes, un amas d’hôtels et de restaurants au pied de la montagne. Une fois l’auberge trouvée, je vais faire un tour et acheter les billets de bus pour monter et redescendre du Machu Picchu, car il est possible de le faire à pied mais je manquais d’équipement et je n’étais pas au top de ma condition physique. Je me suis couchée tôt ce soir-là car on m’avait conseillé d’aller très tôt faire la queue pour le bus le matin pour arriver dans les premiers sur le site, qui ouvre à 7h. Les bus commencent à monter vers 5h30-6h donc j’avais décidé d’y aller pour 3h, et c’est avec surprise qu’en sortant de l’auberge j’ai vu une file d’attente déjà très longue. J’ai commencé à attendre, il faisait froid (l’altitude est de 2 040m à Aguas Calientes, donc la nuit sans bouger on se refroidit vite) et pour m’occuper j’écoutais le groupe d’espagnols qui était devant moi. Enfin les premiers bus partent et peu de temps après j’étais dans l’un d’eux, à côté du guide péruvien du groupe d’espagnols. Nous commençons à parler et il me demande si je voyage seule, je lui dis oui et il me répond que c’est le mieux pour profiter pleinement de la nature. Il poursuit et me parle de la sacralité du Machu Picchu ainsi que de toute la réserve naturelle qui l’entoure. Il me dit cette phrase qui m’a marquée : « la Pacha mamá, es de dónde venimos y a dónde vamos » (la Terre-Mère, c’est de là que l’on vient, et c’est là où on va). Bientôt je sens que l’atmosphère change, elle devient mystique.
Lorsque nous arrivons il y a déjà du monde à l’entrée mais ça avance rapidement malgré tous les documents qu’il y a à montrer (billet imprimé, passeport original et parfois même la carte bancaire qui a servi au paiement). Il est très tôt quand j’arrive enfin sur le lieu mais il y a déjà des gens un peu partout. Le Machu Picchu est grand, imposant, et fait monter en moi une émotion que je ne saurais décrire.

Je passe plusieurs heures à arpenter le site avant de redescendre et de faire tout le trajet retour jusqu’à Cusco, pour partir à Puno et au lac Titicaca le lendemain matin.

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